
PARCOURS ET DÉMARCHE ARTISTIQUE
Être soi-même
Née à Carpentras au pied du Mont Ventoux en 1984, j'ai grandi à Nyons, petite commune du nord de la Provence. L’éducation que je reçois de ma famille m’apporte un lien puissant et omniprésent avec la nature; mes grands-parents sont alors encore paysans et je lie des liens forts avec eux. La pensée critique, la sensibilité, le goût de l’ouverture, la curiosité, l’attrait pour la culture et l’art sont apportés par mes parents. Toutes ces influences familiales, à la fois par l’intelligence et l’écoute de l’instinct ont forgé très tôt les contours de ce qui me fera vibrer artistiquement.
Ma première rencontre avec une véritable œuvre d’art fut sensorielle. Elle se passa au tout début des années 90 à la fondation Maeght où mes parents m’avaient emmenée découvrir les œuvres de Nicolas de Staël. Évidemment, pour une petite fille de quelques années, les matières et les couleurs m’appelaient et je n'ai pas résisté alors à l’envie de toucher l’œuvre de De Staël. Rappelée à l’ordre par le gardien, j’en acquis la conviction de pouvoir un jour mettre moi-même les mains dans la matière pour peindre.
Ma formation artistique démarra quelques années plus tard, à l’âge de treize ans dans l’atelier de Martine Chiappara, artiste professionnelle et diplômée des Beaux-arts de Lyon. C'est elle qui, pendant toute mon adolescence, m'initia aux bases de la peinture classique : dessin, nature morte, modèle vivant, peinture sur le motif... Pour la jeune fille que j’étais, il n’était pas toujours évident de croquer des passants, installée sur une terrasse ou un escalier de mon village, sous le regard de mes camarades sortant du collège. Déroutants et compliqués étaient aussi l’étude et le dessin d’animaux batifolant dans une cour de ferme. Et enfin, parfois dérangeant pour mon jeune âge, de peindre des modèles vivants, femmes d’âge souvent murs et assumant leurs féminités. Mais toutes ces expériences me permirent de faire mon apprentissage très jeune, à l’âge où l’on dessine encore sur un coin de son bureau des mangas et autres personnages issus des années 90. Les artistes qui m’inspiraient : Cézanne, Picasso, Matisse, Alechinsky. Ce qui me fascinait chez eux : les corps, les courbes, la lumière, les couleurs, l’harmonie, le geste et la matière.
Par la suite, en parallèle d’un baccalauréat général, j’ai suivi à distance et présenté l’option arts plastiques, et, au cours de mes études supérieures, juridiques puis dans l’enseignement, j’ai enrichi ma formation plastique en participant à des ateliers aux Beaux-Arts de Valence en sérigraphie, gravure et infographie. A mon arrivée à Marseille, j’ai complété mes expériences plastiques par des ateliers de photographie contemporaine, encadrés notamment par Olivier Rebufa et Erick Gudimard, au centre photographique de Marseille.
Cet apprentissage précoce au sein de l’atelier de Martine Chiappara, comme le faisait autrefois les artistes, mais aussi la multiplication de mes expériences plastiques par ma participation à différents ateliers, me permirent ainsi, dès la fin de l’adolescence, de développer ma démarche, mon style, et mon univers personnel.
Les premières investigations
En m’appuyant sur cette formation classique et multiple, je me suis d'abord intéressée au sujet humain, aux corps et à leurs courbes, aux cultures méditerranéennes, suivant une vision réaliste, mélangeant peinture, photographies personnelles et matières. Puis, je me suis ensuite éloignée de ce réalisme pour travailler ce qui était déjà une recherche présente auparavant : la lumière, celle de la Méditerranée. Au moyen de colorations intenses, souvent monochromes, ou dans une seule gamme de couleurs, dans des formes recomposées et mises en scène par un geste large, spontané, dynamique, qui allie graphisme et grands aplats de couleurs, je m'attachais à recréer une émotion lumineuse, une sensation. J’ai alors entrepris de repousser davantage les frontières de la représentation figurative pour explorer un point de basculement où la lumière devient le sujet. Explorations qui m’ont permis d’approfondir les possibilités de la peinture, mais aussi des matières, afin d'exprimer les différentes intensités de couleurs, d'énergies et de lumières qui me traversaient au grès de mes déambulations méditerranéennes... Je cherchais à faire apparaître des instants lumineux infimes, éphémères, afin de leur donner une permanence. La lumière est alors devenue centrale, pour remplacer le point de vue, devenir le point de vue, en suivre la perspective ou en remonter le cours.
Ma démarche artistique aujourd’hui : une approche critique et sensible
Au fur et à mesure des lectures, des rencontres, de ma rencontre avec Marseille, et de mon ressenti sur les phénomènes sociétaux actuels, mon travail change de dimension. Son apparence se modifie, les sujets changent et la place de l’humain disparait pour en être suggérée. Si le choc émotionnel n’a pas de point de départ défini, il s’est infusé peu à peu, au fur et à mesure de l’actualité et de mes réflexions. Mon art devait faire écho et résonner du vécu douloureux que l’humanité fait traverser à ses semblables, à son environnement. Ce besoin impérieux d’exprimer l’horreur devait être partagé au travers du paradoxe de l’humanité : vivre entouré des merveilles de la nature, créer l’esthétisme, mais aussi être l’investigateur des plus grands drames, de l’horreur.
Pour rendre ces idées visibles, je recherche des sujets liés à mon vécu ou à mon environnement. Mes œuvres sont conçues comme des métaphores du dilemme de notre existence moderne : elles recherchent un dialogue entre attirance et répulsion, sublime et horreur. Nous sommes attirés par le désir, par l’esthétisme, mais nous sommes conscients que le monde souffre par nos actes. Cela nous place dans une contradiction inquiétante.
Mes gestes plastiques explorent la peinture, le dessin mais aussi le verre, toujours dirigés vers la lumière, mais, comme le souligne N. Mettra galeriste, "au travers des émotions face aux tensions du monde, de la nature… Un certain lyrisme engagé face à la crise environnementale."
La majeure partie de mon travail place l’humain face à la nature, au cœur de la nature. La nature transformée ou souillée par l’Homme est un thème prédominant dans mon travail. Je suis particulièrement inspirée par les mythes antiques et je cherche à leurs donner un écho contemporain. Faire résonner ce que l’on imaginait avec ce que l’on vit aujourd’hui, faire résonner la recherche de l’esthétisme des mythes et du sublime dans l’art avec la laideur de l’horreur. Si l’humain est souvent absent de mon travail visuellement, il y est suggéré. Chaque œuvre devient le miroir de ma réalité, de la réalité, de la réalité de celui qui regarde.
Je m’exprime aujourd’hui à la fois dans des univers figuratifs et abstraits, par la peinture sur toile ou sur papier, le dessin, les sculptures ou les installations. Je me laisse tout le champ des possibles…afin de laisser ma révolution artistique formelle et intellectuelle se modifier, s’imposer et se découvrir peu à peu. Pour que l’œuvre opère, agisse, fonctionne et existe pour vous aussi.
Claire Gonnord
Formations et ateliers
2020-2021 : Formation et obtention du CAFIPEMF arts plastiques, maître formateur des enseignants en Arts plastiques, Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education Aix-Marseille
2009-2010 : Ateliers de photographie contemporaine avec Olivier Rebufa et Erick Gudimard, Galerie LA TRAVERSE, centre de la photographie contemporaine, Marseille
2008-2009 : ateliers infographie, école des Beaux-Arts de Valence
2007-2008 : ateliers sérigraphie et gravure, école des Beaux-Arts de Valence
2000 à 2002 : formation à distance baccalauréat option arts plastiques (CNED)
1997 à 2001 : ateliers particuliers avec M. Chiappara, artiste professionnelle diplômée des
Beaux-arts de Lyon.
Expositions personnelles
2023: "De l'anthropocène", Le Temple, Venterol
2015 : Atelier Saména, OAA Château de Servières, Marseille
« Claire Gonnord à Roumanille », Nyons
2013 : 27 juin/ 27 juillet 2013 Hôtel Le Ryad, Marseille
3 août / 21 août 2013, couvent des Ursulines, Buis-les-Baronnies
2011 : « Matières et couleurs, chercher la limite », galerie le Songe d'Icare, Marseille
« Je t'aime, moi non plus » sélection pour la vente aux enchères d'Arts moderne et contemporain PARIS DROUOT, salle VV, jeudi 20 octobre 2011 organisée par Maîtres Fraisse et Jabot, commissaires priseur et M. Stal, expert
2010 : « Je de lumières », Café expo, Marseille
2009 : « Méditerranées », couvent des Ursulines, Buis-les-Baronnies, France
2006 : « l’Aube safran » maison d’hôtes Marie et François Pillet, le Barroux, France
Expositions collectives
2024: Les Partisan.e.s, L'annexe du bunker des Calanques, Marseille
2024: Galerie Louise Art, La Ciotat
2019 : 37ème festival international de courts métrages, Aix-en-Provence
2016 : Vœux d'artistes, Maison des métiers d'art et de l'artisanat, Marseille
2015 : Vœux d'artistes, Maison des métiers d'art et de l'artisanat, Marseille
2012 : « Les artistes de la galerie », galerie le Songe d'Icare, Marseille
2007 : galerie CHEMA, Vaison-la-Romaine (84)